ISCG et Crise du Coronavirus

Intervention sociale en commissariat et gendarmerie et crise du coronavirus

Des repères par et pour les professionnels

 

Création : 17 mars 2020 - Dernière actualisation : 30 avril 2020 

Ce document, qui sera complété à chaque fois que nécessaire durant cette crise sanitaire majeure, vise à proposer des repères à partir des questions techniques, pratiques et éthiques qui remontent des professionnels sur le terrain ou de leurs partenaires et employeurs. Afin de rendre plus aisée la consultation, ces éléments sont synthétisés et présentés sous forme de question-réponse par le chargé de mission. Les référents régionaux sont aussi appelés à travailler sur les éléments de réponses proposés ici. D'autre part, une page d'actualité COVID-19 L'ANISCG aux côtés des ISCG avec des informations est créé et accessible via ce lien.

Si vous avez une proposition de questionnement et/ou réponse, vous pouvez l'adresser via notre mail : contact@aniscg.org 

 

Sommaire

Question 7 (22 avril) : Existe t-il des régles particulières pour le retour des ISCG au travail dans le commissariat ou la gendarmerie ? (Réponse publiée le 27 avril)

Question 6 (23 mars) : Comment faire alors que je me sens peu utile du fait de la baisse d'activité liée à la baisse des saisines ? (Réponse publiée le 28 mars)

Question 5 (20 mars) : Mon employeur peut-il me faire travailler sur un autre poste de travail dans une autre fonction que celle d'ISCG durant cette période particulière ? (Réponse publiée le lundi 23 mars)

Questionnement 4 (20 mars) : Je suis passée en télé-travail, mais j'ai quelques difficultés à organiser cette séquence. (Réponse le 20 mars)

Questionnement 3 (18 mars ) : Quels repères pour travailler par téléphone n'est pas simple lorsque l'on est habitué à recevoir les personnes en face-à-face ? (Réponse publiée le 18, complétée le 20 mars et le 8 avril)

Questionnement 2 (17 mars) : La pratique du télétravail est-elle possible pour les ISCG ? (Réponse publiée le 18/3)

Questionnement 1 (16 mars) : Mon autorité fonctionnelle (ou un financeur) veut que je continue à travailler sur site alors que mon employeur me dit de travailler à partir de chez moi... (Réponse publiée le 18 mars)

 

Questions/Réponses

Question 7 (22 avril) : Existe t-il des régles particulières pour le retour des ISCG au travail dans le commissariat ou la gendarmerie ?

Réponse (27 avril) : L'ANISCG a publié et diffusé ce lundi 27 des préconisaitons pour permettre à toutes et tous les ISCG de revenir dans des conditions sanitaires omptimales sur leurs postes de travail. Vous les retrouverez sur notre page d'actualité dédiée à la crise actuelle : http://www.aniscg.org/fr/actualites/covid-19-laniscg-aux-cotes-des-iscg-65.html 

 

Question 6 (23 mars) : Comment faire alors que je me sens peu utile du fait de la baisse d'activité liée à la baisse des saisines ?

Réponse (28 mars) : Après la période du choc durant la première semaine, celle où il a fallu gérer tous les changements provoqués par l'annonce de la fermeture des établissements (questions autour des gardes d'enfants à résoudre en un temps record), puis l'annonce du confinement et si possible du passage au télétravail (avec tous les ajustements là aussi nécessaires), il a fallut reprendre lorsque c'était possible une activité professionnelle complétement bouleversée : à distance, avec des liens qui ont parfois rompu ou amoindri l'arrivée des informations nécessaires pour travailler, prendre contact, accompagner même de loin... En cette deuxième semaine, un doute a pu être ressenti quant à l'utilité de son travail, un sentiment d'impuissance aussi. 

Alors, voyons cette période si particulière dans les opportunités qu'elle ouvre. En ce début de troisième semaine de fonctionnement-confiné, puisque pour la plupart des ISCG, le volume d'activité laisse plus d'oxygène dans le planning, moins de pression, nous vous invitons à rattraper le passé et préparer l'avenir. Vous vous rappelez de tous ces moments que vous n'avez pas eu pour aller chercher de l'information professionnelle, lire un article un peu long, voire lire un livre ? Aujourd'hui, vous avez peut-être ce temps, qui est bien un temps de travail. Car les ISCG oublient parfois que la réactualisation de leurs savoirs fait bel et bien partie de leur travail, donc de leur temps de travail. C'est pourtant ainsi que l'on peut revenir à un fonctionnement plus armé, plus solide encore, avec peut-être un regard qui aura été modifié, l'envie de développer de nouvelles façons de pratiquer professionnellement ! 

Et c'est peut être aussi un bon moment pour travailler un support de communication si vous souhaitez en créer un.

 

Question 5 (20 mars) : Mon employeur peut-il me faire travailler sur un autre poste de travail dans une autre fonction que celle d'ISCG durant cette période particulière ?

Réponse (23 mars) : un employeur doit fournir au professionnel une activité, souvent déterminée à partir de deux repères : le contrat de travail et la fiche de poste. Le professionnel doit mettre à disposition sa force de travail. Une fiche de poste vient préciser ce qui est attendu du professionnel, c'est à dire comment il va produire son activité. Dans un contexte classique, ces sont ces deux repères qui donne les marges de manœuvre du professionnel. Contrat et fiche de poste ne peuvent tout décrire des actes nécessaires et cela laisse forcément une marge d'interprétation et de créativité dans sa pratique professionnelle.

Néanmoins, lorsque le contexte devient exceptionnel, le cadre jusqu'alors parfaitement pertinent peut se trouver partiellement ou totalement caduque. Ainsi, le passage au télé-travail modifie non seulement les pratiques professionnelles, mais potentiellement aussi le volume horaire nécessaire à l'activité. Il peut donc faire la demande qu'une partie de cette activité se déroule sur des tâches autres que celles liées au poste d'ISCG, mais seulement sous deux conditions : il faut que le temps d'activité de l'ISCG ne puisse plus se situer au même niveau que par temps normal; et il faut qu'il y ait un accord des financeurs du poste. En effet, un troisième document lie l'institution qui emploie avec les autres partenaires : la convention signées qui définit la mise à disposition du ou de la professionnelle, et sa fonction. Une modification de ce cadre doit donc être justifiée et validée par les partenaires. 

La situation actuelle amène parfois à agir ou à souhaiter des modifications sans des échanges préalables qui en examine la pertinence. Nous pensons nécessaire de rappeler que la modification de la nature de l'activité des ISCG  doit au moins être précédée d'un examen du changement.  Cependant, cette période modifiant la forme de travail est aussi l'occasion pour les ISCG de pouvoir faire de multiples actes professionnels qu'ils ne peuvent généralement que rarement effectuer. C'est par exemple le cas des remises à jour des informations, de repenser sa pratique, d'enrichir sa culture professionnelle de nouveaux apports disciplinaires, de mesurer ce que la situation révèle pour produire à l'issue des évolutions souhaitables, etc. Bref, de quoi remplir un agenda, en plus de l'activité qui se poursuit. 

 

 

Questionnement 4 (20 mars) : Je suis passée en télé-travail, mais j'ai quelques difficultés à organiser cette séquence. 

Réponse (20 mars) : le télé-travail, par ses modalités radicalement différentes d'organsiation et de contexte, comporte quelques risques dont le repérage est utile. Certaines ressources disponibles su rle net permettentd e penser cette question, gérer son organisation. Par exemple, un site propose quelques repères à partir des apports des sciences cognitives, lesquelles nous apprennent à contourner certains pièges, afin de rester efficace dans son activité tout en préservant ses ressources cognitives et son bien-être. Même si ce site n'est pas dédié aux ISCG, certains des exemples leur apparaîtront pertinents.

Nous mettrons en ligne d'autres ressources si nous en trouvons des pertinentes. 

 

Questionnement 3 (18 mars) : Quels repères pour travailler par téléphone n'est pas simple lorsque l'on est habitué à recevoir les personnes en face-à-face ?

Réponse (19 mars, complétée le 8 avril ) : Quelques éléments de réflexion sont disponibles dans ce document destiné aux professionnels qui interviennent dans le cadre d'un dispositif de Logement d'abord. Ils sont pour certains parfaitement transposables pour les ISCG. Nous vous proposons aussi cet autre texte regroupe une série de points de vigilance sur la gestion des entretiens téléphoniques . 

 

Questionnement 2 (parvenue le 17 mars) : La pratique du télétravail est-elle possible pour les ISCG ?

Réponse (18 mars 2020) : A partir des remontées d’informations depuis lundi 16 mars, nous constatons que malgré des disparités d’un secteur à l’autre, cette pratique a été massivement mise en place par de nombreux employeurs d’ISCG.  Elle permet d’éviter les entretiens en face à face et de se concentrer sur des entretiens par téléphone.

Cela nécessite de déterminer le mode de recueil des informations nécessaires à la prise de contact téléphonique. Ainsi, plusieurs organisations existent à cette heure :

- Soit envoi sur un mail des renseignements nécessaires (nom, prénom, numéro de téléphone de la personne à contacter, éléments succincts de présentation de la situation) par les gendarmes ou policiers. Le mail donné est celui qui est accessible à l’ISCG : un mail créé pour l’occasion, un autre mail professionnel (employeur) qui permet la consultation à distance.

- Soit un passage exceptionnel au commissariat ou en gendarmerie le temps de pouvoir éditer ou récupérer (bannette avec impression stockées à l’intention de l’ISCG) les renseignements nécessaires.

La poursuite de l’activité professionnelle, dans les cas où elle n’est pas stoppée en raison du contexte (congés garde d’enfants, maintien sans activité au domicile sur décision de l’employeur), reste possible techniquement en passant sous la forme de télétravail.

Notons d’ailleurs que cette forme de travail est déjà communément pratiquée par de nombreux ISCG qui interviennent sur de vastes territoires, obligeant à privilégier l’entretien téléphonique. 

 

Questionnement 1 (16 mars) : Mon autorité fonctionnelle (ou un financeur) veut que je continue à travailler sur site alors que mon employeur me dit de travailler à partir de chez moi...

Réponse (18 mars 2020) : La réponse est claire et découle du cadre de référence du dispositif. L'autorité fonctionnelle (police/gendarmerie) a pour rôle de favoriser les conditions qui permettent l'activité de l'ISCG. Dans la situation actuelle, où le contact avec le public mais aussi policiers et gendarmes contribue à faciliter la circulation du virus, les situations d'exposition réciproque sont à éviter. L'autorité hiérarchique est la seule autorité à disposer d'un pouvoir sur le salarié ou agent exerçant la fonction d'ISCG. Il est aussi responsable de la sécurité de celle ou de celui qui est placé sous sa responsabilité hiérarchique. C'est donc à l'employeur de déterminer les consignes de travail. Rappelons que l'ISCG n'est pas policier ou gendarme et que ses conditions d'emploi sont donc différentes.  

Concernant le financeur, qui est un partenaire essentiel, il ne peut déterminer dans la situation actuelle les modalités de travail, quand bien même elles sortiraient du cadre prévu dans la convention partenariale. En effet, une situation hors-norme oblige à des adaptations qu'aucune convention ne peut prévoir. Dès que les conditions pour un retour en commissariat ou gendarmerie seront réunis, c'est le cadre commun qui servira à nouveau de repère.